En bref
- Le suivi prénatal de référence comprend sept consultations médicales : un premier examen avant la fin du troisième mois, puis un rendez-vous chaque mois à partir du quatrième mois.
- Les trois échographies recommandées sont des examens distincts des consultations mensuelles. Elles ont lieu aux premier, deuxième et troisième trimestres.
- Le mot « obligatoire » désigne le calendrier officiel de suivi. En France, chaque examen repose sur votre consentement ; un dépistage peut être accepté ou refusé après information.
- Le premier rendez-vous permet notamment d’organiser le suivi et d’effectuer la déclaration de grossesse, à transmettre avant la fin de la 14ᵉ semaine d’aménorrhée.
- Le calendrier peut être adapté par une sage-femme ou un médecin selon votre santé, vos antécédents et le déroulement de la grossesse.
Les sept consultations obligatoires de la grossesse : le calendrier officiel
Une grossesse confirmée soulève vite des questions très concrètes : quand prendre rendez-vous, qui peut assurer le suivi et quels examens sont prévus ? En France, le parcours de référence comprend sept consultations prénatales pour une grossesse qui se poursuit jusqu’à son terme. La première a lieu avant la fin du troisième mois, puis le suivi devient mensuel à partir du quatrième mois.
Le terme « obligatoire » peut prêter à confusion. Le Code de la santé publique prévoit sept examens médicaux prénataux, mais une personne enceinte conserve le droit de consentir aux soins ou de les refuser après avoir reçu une information adaptée. Ces rendez-vous constituent donc le calendrier officiel recommandé, et non une obligation de subir chaque acte sans discussion.
Le suivi peut être assuré par une sage-femme, un médecin généraliste ou un gynécologue-obstétricien, selon la situation. Une grossesse physiologique peut être suivie par une sage-femme. Si une pathologie apparaît ou si des facteurs de risque sont identifiés, un accompagnement spécialisé peut être organisé, parfois en complément du suivi habituel.
| Moment de la grossesse | Rendez-vous prévu | Repères |
|---|---|---|
| Avant la fin du 3ᵉ mois | Première consultation prénatale | Échange sur les antécédents, examen et déclaration de grossesse |
| 4ᵉ mois | Deuxième consultation | Suivi clinique et échanges sur les besoins de la personne enceinte |
| 5ᵉ mois | Troisième consultation | Suivi régulier ; échographie morphologique prévue au 2ᵉ trimestre |
| 6ᵉ mois | Quatrième consultation | Surveillance maternelle et fœtale ; prise en charge à 100 % à partir du premier jour du 6ᵉ mois pour les frais liés à la grossesse |
| 7ᵉ mois | Cinquième consultation | Suivi mensuel et préparation de la naissance si souhaitée |
| 8ᵉ mois | Sixième consultation | Suivi de fin de grossesse et prélèvements selon les recommandations |
| 9ᵉ mois | Septième consultation | Point sur le terme, le bien-être et les modalités de naissance |
Ce tableau donne un repère, pas un calendrier rigide à appliquer sans adaptation. Les dates exactes dépendent notamment de la date prévue d’accouchement, des résultats des examens et de l’organisation locale. Les échographies, l’entretien prénatal précoce et la préparation à la naissance sont des étapes importantes, mais ne constituent pas des consultations mensuelles supplémentaires dans le décompte des sept examens.
En pratique, un agenda partagé ou un calendrier écrit peut aider à distinguer les rendez-vous médicaux des examens d’imagerie et des démarches administratives. La prochaine étape utile consiste à demander à la personne qui suit la grossesse quelles dates doivent être réservées en priorité.

Première consultation prénatale : organiser le suivi avant 15 SA
Le premier examen prénatal doit avoir lieu avant la fin du troisième mois de grossesse, soit avant la fin de la 14ᵉ semaine d’aménorrhée. Les semaines d’aménorrhée, abrégées en SA, se comptent depuis le premier jour des dernières règles. Cette consultation permet de poser les bases du suivi, de répondre aux premières questions et de repérer les éléments médicaux qui nécessitent une attention particulière.
L’entretien porte notamment sur les antécédents médicaux et obstétricaux, les traitements pris actuellement, les allergies et les conditions de vie qui peuvent influencer l’accompagnement. Un examen clinique peut comprendre la mesure de la tension artérielle et du poids. Les examens biologiques sont prescrits selon les recommandations et votre situation : groupe sanguin et rhésus, recherche d’agglutinines irrégulières, ainsi que certaines sérologies, notamment pour la rubéole ou la toxoplasmose selon l’immunité connue.
Le dépistage prénatal du VIH et de certaines infections est proposé conformément aux recommandations françaises. Le professionnel explique l’objectif des analyses et recueille le consentement requis. Il ne s’agit pas de multiplier les tests par principe : chaque prélèvement répond à une question de santé, et certains examens peuvent être répétés à un moment précis si le résultat initial le justifie. Le dépistage du cytomégalovirus, par exemple, ne fait pas partie d’un bilan systématique universel de grossesse.
La déclaration de grossesse est généralement réalisée lors de ce premier rendez-vous par le professionnel de santé, souvent en ligne. Elle doit être effectuée avant la fin de la 14ᵉ SA pour ouvrir les démarches auprès de l’Assurance Maladie et de la CAF. La prise en charge à 100 % des frais médicaux liés à la grossesse débute, elle, au premier jour du sixième mois ; ces deux dates administratives ne doivent pas être confondues.
Le dépistage de la trisomie 21 peut aussi être abordé. Au premier trimestre, l’évaluation combine généralement des données de l’échographie, dont la mesure de la clarté nucale, et une analyse sanguine. Un résultat indique un niveau de risque, pas un diagnostic. Selon ce résultat, un test ADN libre circulant ou un examen diagnostique peut être proposé et expliqué ; la décision revient à la personne enceinte.
Préparer le premier rendez-vous sans se surcharger
Il est utile d’apporter les résultats d’analyses antérieures, la liste des traitements et les informations sur les allergies. Une courte liste de questions peut aussi aider : qui contacter en cas de problème, quels examens sont à programmer, et comment joindre le cabinet ou la maternité ? Inutile d’avoir déjà toutes les réponses avant la consultation. Le rendez-vous sert précisément à établir un plan de suivi adapté.
Si un traitement est en cours, ne l’interrompez pas de votre propre initiative. Certains médicaments nécessitent une réévaluation pendant la grossesse, mais l’arrêt brutal peut aussi présenter un risque. Le prescripteur, le pharmacien et les ressources du CRAT peuvent contribuer à vérifier la conduite appropriée. La première consultation est ainsi un temps d’organisation et de dialogue, autant qu’un examen médical.
Les consultations du deuxième trimestre et les échographies recommandées
Au deuxième trimestre, les consultations mensuelles poursuivent la surveillance de la santé de la personne enceinte et du développement de la grossesse. Selon le rendez-vous, le professionnel peut prendre la tension, recueillir les symptômes, examiner les résultats biologiques et écouter le cœur fœtal. Une bandelette urinaire ou d’autres contrôles peuvent être proposés en fonction des pratiques et du contexte médical. Ces gestes s’interprètent avec l’ensemble du dossier, et non isolément.
L’échographie morphologique se déroule généralement autour de 20 à 25 SA. Elle examine l’anatomie visible du fœtus, notamment le cerveau, le cœur, la colonne, les reins et les membres. Le professionnel vérifie aussi la croissance, la position du placenta et certains éléments du liquide amniotique. L’examen dure souvent une trentaine de minutes, parfois davantage si la position du bébé rend certaines images difficiles à obtenir.
Cette échographie est un examen de dépistage : elle peut repérer certaines anomalies accessibles à l’imagerie, mais ne garantit pas l’absence de toute difficulté. Si une image nécessite un contrôle, cela ne signifie pas automatiquement qu’une anomalie est présente. Un nouvel examen ou un avis spécialisé peut être proposé afin d’obtenir des informations plus précises. Il est légitime de demander au professionnel ce qui a été observé et quelle est la prochaine étape.
L’entretien prénatal précoce, souvent appelé EPP, est proposé à toutes les personnes enceintes. Il peut se tenir à partir du début de la grossesse, fréquemment au cours du deuxième trimestre, avec une sage-femme ou un médecin formé. Ce n’est pas une consultation médicale classique : le temps est consacré aux attentes, aux inquiétudes, au contexte familial et aux besoins d’accompagnement. Un co-parent peut y participer si la personne enceinte le souhaite.
L’EPP permet aussi d’orienter vers des ressources utiles : séances de préparation à la naissance, soutien psychologique, service de Protection maternelle et infantile (PMI), ou professionnel spécialisé. Parler d’une fatigue importante, de difficultés matérielles ou d’une expérience de grossesse antérieure éprouvante a sa place dans cet entretien. Le but n’est pas d’évaluer les capacités parentales, mais de rendre l’accompagnement plus ajusté.
Trois échographies, mais sept consultations prénatales
Les trois échographies recommandées sont généralement réalisées au premier trimestre, autour de 11 à 13 SA plus 6 jours, au deuxième trimestre, puis au troisième trimestre. Elles ne remplacent pas les consultations prénatales mensuelles. Leur calendrier et leur contenu répondent à des objectifs différents : datation et dépistages précoces, observation morphologique, puis évaluation de la croissance et de la présentation du fœtus.
Les examens ne sont pas tous systématiques de la même manière. Par exemple, une sérologie de toxoplasmose peut être répétée chaque mois si la personne n’est pas immunisée, tandis que le dépistage du diabète gestationnel est proposé selon les facteurs de risque et le contexte clinique. L’équipe explique pourquoi un test est recommandé et comment se déroule la suite si son résultat appelle une vérification.
Les rendez-vous du troisième trimestre et les examens selon la situation
Au troisième trimestre, les trois consultations restantes assurent la continuité du suivi jusqu’à la naissance. Les échanges portent sur votre état général, les mouvements fœtaux, les résultats déjà obtenus et les questions pratiques liées à l’accouchement. La tension artérielle et d’autres paramètres peuvent être surveillés selon le dossier. Si une inquiétude apparaît entre deux rendez-vous, il est préférable de contacter la maternité ou le professionnel qui suit la grossesse plutôt que d’attendre la consultation suivante.
L’échographie du troisième trimestre est habituellement réalisée autour de 30 à 35 SA. Elle évalue notamment la croissance, la présentation du fœtus, l’emplacement du placenta et la quantité de liquide amniotique. Une estimation du poids fœtal comporte une marge d’erreur : elle aide à interpréter la situation, mais ne prédit pas exactement le poids à la naissance. Si le bébé se présente en siège ou si une autre particularité est observée, l’équipe présente les options adaptées au contexte.
Un prélèvement vaginal de dépistage du streptocoque du groupe B est souvent proposé vers 35 à 38 SA. Cette bactérie peut être présente sans symptôme. Si le résultat est positif, une antibiothérapie pendant le travail est généralement proposée pour réduire le risque de transmission au nouveau-né. Le professionnel explique le résultat et son utilité ; il ne s’agit pas d’un signe que la grossesse se déroule mal.
Le dépistage du diabète gestationnel, lorsqu’il est indiqué, repose fréquemment sur une hyperglycémie provoquée par voie orale entre 24 et 28 SA. Le test comprend une prise de sang à jeun, la consommation d’une solution de glucose puis d’autres prélèvements à intervalles déterminés. Les critères d’interprétation et la prescription dépendent du protocole médical en vigueur. Ce test n’est pas un examen obligatoire pour toutes les grossesses : les antécédents et les facteurs de risque guident la décision.
Une consultation avec un anesthésiste est organisée par de nombreuses maternités en fin de grossesse, y compris lorsque la personne envisage de ne pas recourir à une péridurale. Elle permet d’étudier les antécédents, les traitements et les possibilités d’anesthésie si la situation évolue. Les modalités dépendent de l’organisation de la maternité ; la sage-femme ou le médecin peut préciser quand la programmer.
Un suivi plus rapproché quand le contexte le demande
Une grossesse multiple, une hypertension, un diabète préexistant, des antécédents particuliers ou un résultat d’examen nécessitant un contrôle peuvent conduire à des consultations supplémentaires. Cela ne signifie pas nécessairement qu’une complication est en cours. Le rythme renforcé sert parfois à observer l’évolution et à prendre une décision au moment utile.
À l’inverse, certains examens mentionnés dans des calendriers trouvés en ligne ne sont pas proposés à toutes les personnes enceintes. Les bilans hépatique et rénal, les sérologies répétées ou le contrôle de la glycémie ne sont pas automatiquement prescrits chaque mois. Pour savoir si un examen est pertinent, demandez quel élément il cherche à vérifier et ce que son résultat changerait dans l’accompagnement.
En cas de saignement, de perte de liquide, de douleur importante, de fièvre ou de diminution inhabituelle des mouvements fœtaux à un terme où ils sont suivis, contactez sans attendre la maternité ou un professionnel de santé. La conduite à tenir dépend du terme et de vos antécédents ; un avis direct est plus utile qu’une interprétation à distance.
Remboursement, préparation et repères pratiques pour le suivi prénatal
Les frais liés à la grossesse ne sont pas remboursés de façon identique pendant toute la période. Avant le premier jour du sixième mois, les remboursements suivent les règles habituelles de l’Assurance Maladie, avec une éventuelle part complémentaire selon les actes et la couverture. À partir du sixième mois et jusqu’à la période prévue après l’accouchement, les frais médicaux remboursables liés à la grossesse sont pris en charge à 100 % du tarif de l’Assurance Maladie. Un dépassement d’honoraires peut rester à charge.
La déclaration de grossesse transmise avant la fin de la 14ᵉ SA facilite l’ouverture des droits et l’organisation administrative. Pour toute question sur une facture ou une prise en charge, l’Assurance Maladie et la complémentaire santé peuvent préciser les montants applicables. Il est prudent de vérifier les conditions d’un examen avant le rendez-vous, notamment lorsqu’il est effectué dans un secteur avec dépassements.
La préparation à la naissance et à la parentalité complète le suivi médical sans faire partie des sept consultations obligatoires. Jusqu’à sept séances peuvent être proposées et prises en charge selon les règles en vigueur. Elles peuvent aborder le travail, les moyens de soulager la douleur, les gestes des premiers jours avec le bébé et le post-partum. Les formats varient : individuel, collectif ou avec un co-parent, selon les possibilités locales.
Le choix du professionnel et de la forme de préparation peut être discuté pendant l’entretien prénatal précoce. Certaines personnes préfèrent un format pratique centré sur la naissance ; d’autres souhaitent surtout comprendre les décisions médicales possibles ou préparer le retour à domicile. Il n’existe pas une seule manière pertinente de se préparer. La priorité est de trouver une information compréhensible et adaptée à votre quotidien.
- À la première consultation : apportez vos résultats antérieurs, la liste de vos traitements et vos questions principales.
- Pour les échographies : confirmez les dates avec le professionnel qui suit la grossesse, car certaines fenêtres d’examen sont précises.
- Pour les prélèvements : demandez si une préparation est nécessaire ; le jeûne n’est pas requis pour tous les examens.
- Pour les démarches : vérifiez que la déclaration de grossesse a bien été transmise avant la fin de la 14ᵉ SA.
- Entre deux rendez-vous : gardez les coordonnées de la maternité et du cabinet accessibles pour obtenir un avis si un symptôme vous inquiète.
Un calendrier personnel peut réunir consultations, échographies, analyses et séances de préparation, sans les confondre. Notez aussi le nom du professionnel à contacter en cas de question : ce repère simple aide à rendre le parcours plus lisible, surtout lorsque plusieurs lieux de soins interviennent.
Questions fréquentes sur les sept consultations de grossesse
Les sept consultations prénatales sont-elles juridiquement obligatoires ?
Elles correspondent au calendrier officiel du suivi prénatal français. Toutefois, chaque acte médical nécessite votre consentement éclairé : le terme « obligatoire » ne signifie pas qu’un examen peut être réalisé sans votre accord.
Les échographies font-elles partie des sept consultations ?
Non. Les trois échographies recommandées sont des examens d’imagerie distincts des sept consultations prénatales. Elles sont généralement programmées au premier, au deuxième et au troisième trimestre.
Qui peut assurer le suivi de grossesse ?
Une sage-femme peut suivre une grossesse sans complication identifiée. Un médecin généraliste ou un gynécologue-obstétricien peut également assurer le suivi ; en cas de risque ou de pathologie, un accompagnement spécialisé peut être organisé.
Quand la déclaration de grossesse doit-elle être faite ?
Elle doit être effectuée avant la fin de la 14ᵉ semaine d’aménorrhée. Le professionnel qui réalise le premier examen prénatal peut généralement la transmettre en ligne.
Tous les examens biologiques sont-ils réalisés à chaque grossesse ?
Non. Certains bilans sont proposés au début du suivi, tandis que d’autres dépendent de l’immunité, des antécédents et des facteurs de risque. Votre sage-femme ou médecin peut expliquer l’objectif de chaque prescription.
Cet article a une vocation informative et ne se substitue pas à l’avis d’un professionnel de santé. En cas de doute, consultez votre sage-femme, votre médecin traitant ou un service d’urgence.


